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Presse

« Notre objectif est d’aider le gouvernement »

LE FIGARO. - Comment la Droite libre pourra-t-elle exister si l’UMP reporte l’organisation de ses courants internes ?

Jérôme RIVIÈRE. - Ce report n’a pas encore été décidé, même si la tenue d’un congrès des courants en novembre paraît sérieusement compromise. Nous verrons bien ce qui sortira du bureau politique de mardi prochain. La création des courants est prévue dans les statuts de l’UMP, adoptés le 17 novembre 2002. Si c’était une bonne idée il y a un an, pourquoi serait-elle mauvaise aujourd’hui ? La Droite libre ne veut pas se spécialiser dans la protestation contre la direction de l’UMP. Les statuts devraient être appliqués, mais nous avançons quoi qu’il arrive.

Jean-Pierre Raffarin a-t-il tort de redouter que les courants ne lui compliquent la tâche ?

La période du « garde à vous, fixe ! » derrière le chef est révolue. Notre objectif est d’aider le gouvernement, pas de le gêner. L’existence de la Droite libre, comme celle d’autres tendances, est un plus pour l’UMP. Si le débat n’est pas organisé au sein du parti majoritaire, si nous nous contentons de produire de l’eau tiède, il se développera à l’extérieur, et l’UMP perdra des adhérents. J’entends dire que les échéances électorales de 2004 n’offrent pas un contexte propice à l’expression de la diversité dans nos rangs. Il ne faudrait pas que les régionales aient les épaules trop larges ! Elles ne constituent pas un test national.

La Droite libre s’est distinguée par des méthodes d’action qui lui ont attiré les foudres de la direction de l’UMP. Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent de jouer les provocateurs ?

Ce que nous voulons provoquer, c’est le débat ! Notre ambition, c’est d’incarner une droite décomplexée, qui écoute ce que les citoyens ont à lui dire et leur offre les moyens de s’investir davantage dans le débat public. Nous ne croyons plus à une action purement partisane dirigée par des notables. La rue, le terrain ne sont pas la propriété de la gauche. Nos militants y ont leur place, ils l’ont montré fin juin à Paris en manifestant contre les grèves. Mais, pour qu’ils aillent au contact des citoyens, il faut qu’ils puissent débattre des sujets qui les préoccupent au sein de nos partis politiques. Sur un thème aussi important que l’Education nationale, par exemple, nous ne pouvons pas nous contenter de la discussion rituelle sur les conditions de la rentrée scolaire. C’est le service public qui a le plus mauvais rapport coût/qualité ! La question est abordée trop timidement par l’UMP.

L’expression des sensibilités au sein du parti peut-elle être confiée à une commission de « personnalités indépendantes », comme le propose Jean-Pierre Raffarin ?

Des « personnalités indépendantes » au sein de l’UMP, je ne sais pas ce que cela veut dire. La seule garantie d’indépendance, à l’intérieur d’une organisation politique, c’est l’expression démocratique.

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