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Libres expressions

Luc Ferry ou comment un excès de liberté ne peut tourner qu’en excès de servitude

Luc Ferry, dans une chronique du Figaro ce matin, tente d’un revers de main d’écarter les accusations d’emploi fictif portées contre lui après la publication par le Canard Enchainé de l’information avérée qu’il était censé assurer 192 heures de cours à l’université cette année en contrepartie de son traitement d’un montant net mensuel de 4 499 €.

S’il indique qu’il aurait du bénéficier d’une décharge de service, il assure que ce sont les dispositions nouvelles de la loi sur l’autonomie des universités qui n’ont pas permis sa mise à disposition au Conseil d’Analyse Stratégique dont il dirige le conseil d’analyse, et qu’il ne s’agit que d’un simple retard de procédure...

Et alors ?

Qui peut croire qu’un fonctionnaire, autre que lui, aurait continué à percevoir son traitement dès lors que sa situation administrative n’était pas régulière ?

Rappelons que le paiement des fonctionnaires dans notre belle République repose sur la règle du "Service fait". En toute logique il lui faut rembourser l’université puisqu’il admet ne pas avoir enseigné cette année.

Faisons confiance au "Paris qui chante et qui danse", un aménagement à posteriori viendra, sans aucun, doute décharger notre bon ministre philosophe de ces astreignantes contraintes auxquelles ne doivent se plier que le commun des fonctionnaires.

Que Luc Ferry, qui se plait ce matin dans le Figaro à citer l’allégorie de la caverne de Platon, médite sur cette belle phrase extraite de "La République" du même Platon : L’excès de liberté ne peut tourner qu’en excès de servitude pour un particulier aussi bien que pour un état.

Il est bien aujourd’hui esclave de la société de verre pour tous les excès de liberté qu’il a pris avec la loi, avec les textes, avec les contraintes administratives auxquelles chacun doit accepter de se plier.

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