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La France n’a pas besoin d’un second porte-avions

Le député préconise que Paris négocie avec Londres l’utilisation de l’un de ses deux porte-avions, notamment lors des immobilisations du "Charles-de-Gaulle"

Vous émettez des doutes sur la faisabilité d’un second porte-avions dans le cadre budgétaire dédié. Pourquoi ?

Il n’y pas d’option réaliste à deux milliards d’euros comme cela a été indiqué initialement. Le programme dépassera toutes les projections budgétaires, d’autant plus que le coût d’entretien de ce porte-avions a d’ores et déjà été mal estimé en raison de son dimensionnement totalement différent du porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle et atteint désormais 72.000 tonnes. La France ne peut pas se permettre dans un cadre budgétaire contraint une dérive financière des coûts de développement et de construction, ni une dérive en termes de délais. En Grande-Bretagne le montant de la commande de leurs deux porte-avions est en train d’exploser. Ne faisons pas la même erreur.

Que préconisez-vous ?

La France et la Grande-Bretagne ont-elles besoin de quatre porte-avions ? Plutôt que d’en construire trois nouveaux, il est préférable de n’en faire que deux. Le gouvernement français pourrait négocier avec son homologue britannique l’utilisation à échéance régulière et fixe de l’un de ses deux porte-avions, notamment lors des immobilisations (IPER) du Charles-de-Gaulle. Nous avons plusieurs années devant nous pour régler les problèmes juridiques et financiers de cette co-utilisation. Ce serait vraiment un bond en avant dans la coopération européenne dans le domaine de la défense. Jacques Chirac a renoncé à la propulsion nucléaire au moment de la raréfaction du pétrole pour mettre en avant la coopération. Un programme avec une communalité de 20 % sur les deux projets de porte-avions britannique et français, ou le retour à une version franco-française comme on l’entend dire serait un échec préjudiciable.

Mais les besoins français ne diffèrent-ils pas de ceux des Britanniques ?

Les Britanniques ont déjà prévu d’équiper à mi-vie leurs deux porte-avions des systèmes de catapultes nécessaires aux avions français. Ouvrons sans plus tarder cette réflexion. Proposons un financement et le savoir faire technologique de notre industrie. Enfin ce système de mise à disposition respecte également le besoin opérationnel de la marine nationale.

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