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La Marseillaise à l’école ?

Ce qu’exige la loi, c’est non pas d’apprendre La Marseillaise par cœur, mais de l’enseigner. L’hymne national doit être appris comme on le ferait avec un poème de Prévert, par exemple : on étudie les mots, l’histoire du poète, l’époque. On tourne autour du texte. Il ne s’agit pas, chaque matin, de mettre les enfants en rang par deux dans la cour de l’école pour chanter La Marseillaise. Mais l’école a un rôle primordial dans la transmission des valeurs de la République. Il est donc normal d’enseigner l’hymne national qui les exalte, de redire quelles sont ces valeurs, c’est-à-dire la liberté individuelle et le respect de l’autre.

En 2003, le Parlement a voté une loi sanctionnant d’une amende pouvant aller jusqu’à 7 500 euros une insulte publique à l’hymne national. Il faut au moins expliquer pourquoi on réprime. Nous devons dire quelles sont les valeurs qui font que nous vivons ensemble, transmettre l’histoire d’un peuple uni autour des notions de liberté, d’égalité et de fraternité.

Les paroles de ce chant sont guerrières, mais je ne crois pas que les enfants du primaire seront traumatisés. Ils voient des choses beaucoup plus violentes à la télévision. Il ne faut pas attendre le collège pour étudier La Marseillaise. L’adhésion à l’idée de la République commence quand on est tout jeune. Dans le primaire, les élèves n’ont pas encore de convictions bien affirmées. Si l’école ne peut pas parler des valeurs de la République, alors on a un problème ! La loi impose seulement que les cours d’éducation civique comprennent l’enseignement de La Marseillaise. Ensuite, l’Education nationale décidera de la manière dont ce sera fait.

L’école de la République doit parler des raisons qui font que nous vivons ensemble. L’enseignement de La Marseillaise permet, en partie, de répondre à l’enjeu de l’assimilation des populations extérieures sur le territoire national. L’hymne national est un moment fort de ralliement qui marque que nous adhérons tous à un modèle de société. Bien sûr, depuis deux cents ans, les générations successives y ont mis quelque chose de différent, mais elles se sont retrouvées autour de ce chant. Il contient tout notre bagage émotionnel et culturel. Il faut réexpliquer aux jeunes ce qui nous unit. Souvenez-vous de 1998, lorsque la France a gagné la Coupe du monde de football. La Marseillaise, c’est l’inverse de Maréchal, nous voilà. D’ailleurs, pas une seule main ne s’est levée dans l’Hémicycle pour s’opposer au vote de cet amendement.

Propos recueillis par Natacha Czerwinski, Jean-Sébastien Stehli

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