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Presse

Camouflet à Michael Moore

C’est l’histoire d’un mec que tout le monde ou presque prenait pour un imbécile... Un Américain aux convictions républicaines pas très tendance, pas vraiment à la mode de ce côté-ci de l’Atlantique.

Le reste du monde disait à la cantonade : « Il ne sera pas réélu, car il défend son pays et il ne tient pas assez compte du reste du monde. » Lui, naïvement, pensait qu’il fallait s’occuper d’abord de son pays et après du reste du monde. Alors, partout sur la planète, on s’est dit qu’on avait pour mission de lui faire la morale et que, forcément, on le convaincrait qu’il avait tort.

C’est normal, puisqu’on avait raison.

Les penseurs s’y sont mis et puis les cinéastes. Comme cela ne suffisait pas, les chanteurs eux-mêmes ont joint leurs voix au concert. Cet homme avait le reste du monde contre lui. Enfin, pas tout à fait parce que nous étions quelques-uns à l’observer et à nous étonner que l’on puisse avoir à la fois des convictions et les défendre avec courage. Alors nous sommes allés le voir à la convention du Parti républicain au mois d’août. Figurez-vous qu’il parlait avec des mots simples à ses concitoyens, mais surtout à ses électeurs.

Il leur disait : « Le terrorisme nous a déclaré la guerre, et j’ai le devoir de défendre notre pays et surtout vous, Américains. » « C’est vrai, je ne m’y prends pas très bien et il m’arrive de me tromper, mais croyez au moins à ma totale détermination, car ce sera eux ou nous. »

Nous avons bien senti que les électeurs l’écoutaient, et nous nous sommes dit : cet homme va gagner. Mais on ne nous a pas entendus. C’était à qui proférait la critique la plus outrancière ou se ferait photographier au côté du cinéaste Michael Moore, vous savez, ce cabot primé à Cannes pour soulager la mauvaise conscience de ceux qui se fourvoient dans tous les engagements politiques sans issue.

Dans la dernière ligne droite, on nous a annoncé que John Kerry tenait la corde et que le pauvre « lonesome cow-boy » du Texas, qui ne connaît même pas le Palais des festivals, allait être renvoyé dans son ranch, enfin ! Et puis vint le peuple. Ah, le peuple américain ! On l’avait oublié celui-là ! Il a tout simplement reconduit triomphalement George W. Bush à la présidence...

Va-t-on offrir l’asile politique à Michael Moore ? Plus sérieusement, il y a une morale à cette histoire : lorsqu’on met en oeuvre la politique pour laquelle on a été élu, eh bien, on retrouve ses électeurs !

Par Alain Marsaud et Jérôme Rivière, députés UMP de la Haute-Vienne et des Alpes-Maritimes

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